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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 16:37

Bonjour à toutes et tous,

Bientôt sur sa propre chaîne YouTube, Fodistrilap Mettra en ligne des vidéos relatant l'actualité Lapeyre, enseigne du groupe Saint Gobain.

Cliquez sur ce lien pour vous abonner et voire l'actualité Lapeyre.

https://www.youtube.com/channel/UCzVHu7_5nRqF-0tH1Y5EVeg

A très bientôt

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 14:24

Nous condamnons avec la plus grande fermeté l'attitude de ces entreprises qui se placent au-dessus de la justice et contre l'intérêt des salariés.

Il y a dans ces deux sujets d'actualités, le non respect d'une décision de justice, et la volonté d'ouvrir les magasins le dimanche, un seul et même principe que le patronat foule aux pieds à longueur de temps. Il prétend pourtant le défendre et s'en drape sans vergogne. L’INTÉRÊT GÉNÉRAL, voilà ce dont le patronat est l'ennemi et non le garant comme il aime à le faire croire. Certains médias valets comme L'Express s'efforcent d'ailleurs de nous en persuader.

Une décision de justice bafouée en est une preuve incontestable. Comment Leroy Merlin et Castorama peuvent ils respecter ce principe quand d'un revers de main ils balayent une décision de justice émise pour la République française, au nom du Peuple français. Seules nos institutions visent à garantir l'intérêt générale. Leroy Merlin, Castorama, L'express, et d'autres, eux, ne défendent qu'une seule chose, leurs intérêts de classe.

Concernant les ouvertures des magasins le dimanche, il est seulement pris en considération l'avis de quelques salariés qui manifestent leurs volontés de travailler le dimanche et ce pour une question de pouvoir d'achat. Cependant à aucun moment n'est pris en compte la volonté de l'ensemble des travailleurs de ce pays. C'est à ce niveau là que se situe l'intérêt général, et non à l'échelle de quelques magasins... Si Leroy merlin, Castorama souhaitent se situer du coté de l'intérêt général, qu'ils augmentent les salaires! Alors, vous ne verrez plus aucun salariés vouloir travailler le dimanche.

Le patronat détourne donc la précarité de ses salariés a des fins personnelles. Seul ici l'intérêt particulier de Castorama et de Leroy Merlin compte.

L'addition de quelques intérêts particuliers n'a jamais été et ne sera jamais l'INTERET GENERAL.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 15:27

LETTRE OUVERTE de la FEC FO à JC BOURRELIER de BRICORAMA

 


Monsieur Jean-Claude BOURRELIER

Représentant légal

SAS BRICORAMA France

21 A bd Jean Monnet

94357 VILLIERS SUR MARNE CEDEX

 

Lettre recommandée A/R n°1A 083 408 9158 6

 

 

SL/SA – 084/2013

                                                            Paris, le 21 février 2013

 

LETTRE OUVERTE

 

Monsieur le Président,

 

Nous faisons suite à votre sommation reçue à la FEC FO le 12 février 2013.

 

Nous agissons également au nom du syndicat FORCE OUVRIERE du commerce de Paris ainsi qu’au nom du syndicat du Val d’Oise.

 

Dans votre sommation, qui ne mentionne pas de date de remise des documents demandés, vous nous demandez de vous indiquer et de justifier les recours que nous avons formés à l’encontre des décisions administratives et des entreprises qui transgresseraient la loi relative au repos dominical. Nous n’avons pas à nous justifier de faire appliquer les droits des salariés, néanmoins vous trouverez les résolutions fédérales de 2007 à 2013 par lesquelles nos camarades nous donnent mandat pour défendre le repos dominical.

 

Toutefois, nous n’avons pas attendu 2007 pour lutter contre le travail dominical puisque nous avons, depuis fort longtemps, tenu des conférences de presse, vu divers ministres au côté des employeurs de diverses branches du commerce : détaillants de la chaussure, de l’habillement de détail, de la maroquinerie, des bazars, etc.

 

Nous vous communiquons également la liste de quelques-unes des entreprises concernées par les actions engagées au cours de ces dernières années :

 

·        Société RIVALDI MILLENAIRE SARL

·        Société PROMOD SAS

·        HEMA France

·        FASCINATION

·        L’IDEAL 9

·        L’IDEAL 6

·        L ET NOUS

·        FNAC

·        AUX DELICES JMD

·        DIAMS ONE

·        MARMOM SPORTS

·        MICROMANIA

·        TOCLA

·        CASUAL FRANCE

·        TOYS RUS

·        MONSOON ACCESSORIZE

·        ARMAND THIERY

·        CELIO FRANCE

·        KAWAI

·        SHOP 93

·        AU MARAHJA DU MILLENAIRE

·        SJR

·        SR BEAUTE

·        HISTOIRE D’OR

·        2 M

·        LE MADRILENE

·        BERYL

·        FACECOM

·        STOCK J BOUTIQUE JENNYFER

·        MULTIVISION

·        CLAIRE’S France

·        SAN MARINA

·        HARCOURT

·        AMC

·        AUVERVILLIERDIS

·        KIKO France

·        CAPRI

·        MIM

·        ADJ DEVELOPPEMENT

·        WE France B V

·        SCOOTER

·        SAGUENAY

·        CHAUSSURES AUBERVILLIERS

·        CHAUSSURES ERAM

·        MEDIAKIOSK

·        SOCIETE PROVENCALE D’ACHAT ET DE GESTION – SPAG

·        JACQUES HEIM

·        RIVER WOODS

·        R95 TH

·        GROSSWAYS HOME

·        AUTOBACS

·        BRICORAMA

·        CASTORAMA

·        CONFORAMA FRANCE

·        IKEA

·        LE GRAND CERCLE, LE GRAND CERCLE 95

·        LEROY MERLIN

·        SATURN

·        BOULANGER

·        SEPHORA

·        YKF

·        CASA

·        CHAUSS EXPO

·        GIGA STORE

·        VET AFFAIRES

·        M. BRICOLAGE

·        HALLE AUX CHAUSSURES

·        MARIONNAUD

 

Nous avons également contesté les arrêtés de Monsieur le Préfet de Région d’Ile-de-France et de Monsieur le Préfet de Région du Nord concernant le classement arbitraire de diverses communes dans les unités urbaines, dans le cadre de l’application de la Loi Mallié.

 

Nous avons aussi contesté de nombreux arrêtés des Préfets des départements concernés et, plus particulièrement, ceux des départements du Nord et de la Région Parisienne, sans compter ceux de maires qui outrepassent leurs droits.

 

Nous disposons de plusieurs dizaines d’arrêtés de complaisance annulés et les décisions sont régulièrement l’objet de publications sur Légifrance où vous pourrez vous les procurer sans peine.

 

Nous vous recommandons également la lecture de notre site internet http://www.focommerce.com consacré à la défense du repos dominical et celui du collectif des amis du dimanche (www.travail-dimanche.com) qui tiennent régulièrement informés leurs lecteurs des décisions de justice.

 

Nous venons d’ailleurs, encore récemment, d’obtenir que soit annulée la dérogation préfectorale obtenue par LEROY MERLIN à SAINT-OUEN (93) et attendons les décisions des tribunaux pour ceux d’IVRY et VITRY-SUR-SEINE.

Nous avons également contesté la dérogation du magasin LEROY MERLIN de MONTSOULT (95) classé artificiellement en PUCE et que vous citez en exemple dans les médias.

 

Pouvez-vous en dire autant ? Avez-vous exercé vos droits à faire respecter une concurrence loyale ?

Vous en aviez la possibilité depuis longtemps, contrairement à ce que vous avez affirmé à un journaliste qui constatait votre inaction.

 

Pour quelle raison ne pas l’avoir fait ?

 

Faisons une rapide comparaison entre les moyens que vous avez dépensés pour obtenir des dérogations administratives ou une modification de la Loi au cours de l’année 2012 et ceux consacrés à faire respecter vos droits et incidemment ceux de vos salariés au respect du repos dominical.

 

A quoi ont travaillé votre agence de communication et vos conseils pendant les 10 premiers mois de l’année 2012, avant que la Cour ne confirme le montant de l’astreinte prononcée en janvier ?

 

Vous nous dites qu’il y a des incohérences au sein de la Fédération des Employés et Cadres FORCE OUVRIERE ; le nombre de nos résolutions et de nos actions démontre le contraire.

 

Quant aux Unions Départementales FORCE OUVRIERE, elles ont très souvent contracté avec le patronat local pour réduire le nombre d’ouvertures dominicales.

 

La Confédération du Travail FORCE OUVRIERE a, quant à elle, porté des observations à l’OIT pour dénoncer notamment l’amendement Debré qui a ajouté une nouvelle dérogation, de manière inique et sur des informations fausses, à la suite du lobbying des enseignes d’ameublement confrontées aux poursuites entreprises en Région Parisienne par Force Ouvrière en vue de faire cesser le repos dominical.

 

Je n’ai pas souvenir que votre enseigne ou la Fédération des Magasins de Bricolage ait, à cette époque, soutenu notre contestation. La FMB espérait, au contraire, profiter de Madame Debré pour obtenir une dérogation identique, première tentative avortée.

 

Ce n’est qu’aujourd’hui que l’on vous entend dénoncer les magasins d’ameublement ou les jardineries, en prétendant qu’ils vous font une concurrence déloyale.

 

La situation juridique n’est pourtant pas nouvelle… La seule chose qui a changé, c’est que la Justice vous a, entre temps, obligé à respecter la Loi.

 

La Confédération Force Ouvrière a également combattu la Loi Mallié devant l’OIT, en rappelant notamment qu’elle ne fait que donner une prime à ceux qui ont violé la Loi, ne fait que créer des effets de frontière, au risque des commerces de centre-ville qui ne seraient pas compris dans les zones créées et surtout revient à anéantir le respect du repos dominical. Il est clair que ces lois sont, pour nous, contraires à l’esprit de la Convention 106 sur le repos hebdomadaire qui oblige l’État français qui en est signataire.

 

Grâce à notre action, dans ses deux rapports pour l’année 2010 et l’année 2011, la Commission des Experts de l’OIT a demandé à la France de réviser, avec les partenaires sociaux, les dérogations dont la Commission estime qu’elles excèdent le champ des régimes spéciaux permis par la Convention de l’OIT.

 

Durant toute cette période, la Société BRICORAMA qui ne pouvait que mesurer les effets de cette Loi, n’a pas bougé d’un pouce avant d’être confrontée aux poursuites initiées contre elles.

 

A ce jour, le Conseil d’Etat ne partage pas l’opinion des syndicats sur la question et a eu l’occasion de considérer que la Loi Mallié ne pose aucun souci en validant sa circulaire d’application, bien que lui ont été produits, en dépit des termes dépourvus d’ambiguïté, des rapports de la Commission des Experts. Il est clair que le soutien des opérateurs économiques aurait alors permis à cette juridiction de pousser sa réflexion.

 

Nous attendons désormais que le BIT se prononce en constatant que l’État Français ne s’est pas mis en conformité avec la recommandation du Comité des Experts. La procédure sera d’autant plus longue que les fédérations patronales ne se joindront pas à notre contestation… Rien ne vous empêche de vous joindre à notre demande et de nous soutenir devant le BIT.

 

Que dire également de votre attitude pendant la procédure judiciaire ? Vous avez tout fait, non pour respecter la Loi, mais au contraire pour qu’elle soit modifiée en essayant, avec le concours de votre Fédération, d’obtenir une nouvelle dérogation de branche auprès du Ministre du Travail, tentative également avortée.

 

Cette dérogation n’aurait fait que détruire les emplois dans d’autres branches du négoce et chez les commerçants qui ne peuvent suivre le rythme imposé par les gros opérateurs économiques qui vendent déjà 7/7 et 24/24 par le biais de leur site internet. C’est d’ailleurs votre cas.

 

Vous avez attendu plus d’un an avant d’attaquer vos concurrents en feignant de vous apercevoir, seulement alors, qu’ils étaient dans l’illégalité.

 

Nous les avons attaqués dès avant et avons obtenu des décisions de justice contre ces enseignes depuis 2008. Ces décisions vous ont été présentées dans le cadre de l’action judiciaire engagée contre vous.

 

Lorsque CASTORAMA, dans le Val d’Oise, en 2009, après avoir supporté plusieurs millions d’euros d’astreinte, a jeté l’éponge et fermé ses magasins, lui-avez-vous alors emboité le pas en fermant les vôtres le dimanche ?

 

Vous prétendez aujourd’hui que leur ouverture dominicale fausse le marché parce que vous êtes fermés ce jour-là ?

A qui prétendez-vous faire la leçon !? A ces enseignes ? A nous ?

 

Faut-il vous rappeler que nous sommes également intervenus volontairement pour soutenir votre action devant le Tribunal de Commerce de BOBIGNY pour obtenir la fermeture des établissements encore dans l’illégalité de ces enseignes.

 

Vous êtes confrontés devant ce Tribunal à la même logique que celle que vous nous avez opposés : celle qui consiste à gagner du temps par des artifices de procédure qui en retardent l’issue.

 

Vous voici désormais dans la peau de l’arroseur arrosé et nous pouvons comprendre que cela ne vous soit pas facile.

Mais ne vous trompez pas de cible. Qui d’entre nous est incohérent et a tourné casaque ? Qui d’entre nous a violé la Loi et foulé le repos dominical donné dans l’intérêt des salariés ? Qui d’entre nous s’est satisfait d’une situation illicite ?

 

Tout ceci, Monsieur le Président, prouve amplement que nous n’avons aucune rancœur particulière, ni contre le secteur du bricolage qui est loin d’avoir été le seul ou même le premier visé par nos actions, ni contre l’entreprise BRICORAMA en particulier qui n’est ni la seule ni la première visée dans sa branche.

 

C’est à l’autorité administrative, au premier chef, de faire respecter la Loi. Avez-vous, comme nous, saisi les Procureurs de la République pour dénoncer les infractions commises ? Il leur suffirait de dépêcher quelques agents pour faire constater les infractions et d’avoir la volonté de poursuivre pour que, nous en sommes persuadés, cessent ces comportements.

Vous ne voulez pas aujourd’hui endosser le rôle que vous nous avez prêté : celui d’une organisation syndicale qui n’est pas à l’écoute des salariés, et qui agit contre l’intérêt des salariés et dans le seul but de s’enrichir. Votre communication facile se retourne contre vous. Voici que vos “amis” d’hier avec lesquels vous avez tenté d’obtenir une modification de la Loi, vous ont exclu de la Fédération des Magasins de Bricolage car vous les avez attaqués en demandant plusieurs millions d’euros en entravant la liberté de leurs salariés de travailler le dimanche.

 

Vous avez ainsi une idée de ce qu’est l’injustice d’une accusation facile qui cache la réalité de la situation. Tous ouverts ou tous fermés. Il eut été plus simple de demander avec les organisations syndicales de tous fermer le dimanche et de donner à vos salariés ce jour de repos.

 

Lorsque nous avons exercé nos droits, nous nous sommes toujours attachés à commencer par les plus gros opérateurs économiques des branches visées, en espérant que les condamnations auraient un effet d’exemplarité et d’entrainement, et que vos branches professionnelles dont c’est le rôle, feraient respecter la concurrence entre leurs adhérents.

 

Lorsque les opérateurs économiques ont respecté la Loi, pas un centime n’a été encaissé par notre organisation. Cela a été le cas pour celles de l’électroménager qui a fermé le dimanche comme un seul homme dans le Val d’Oise.

Cela n’a jamais été le cas pour les autres. Nous avons pourtant, chaque fois, proposé à celles qui s’étaient maintenues dans l’illégalité, malgré les décisions de justice, de reverser le montant des astreintes pour faciliter la transition et maintenir l’emploi et les salaires des salariés impactés.

 

Une seule enseigne ne l’a jamais accepté et ce n’est pas la vôtre.

 

Nous n’avons pas eu de chance dans certains secteurs. Vous vous souviendrez que CONFORAMA, alors n°1 de son secteur, avait déploré que son concurrent, IKEA, n’ait pas fermé dans le VAL D’OISE le dimanche lorsque ses magasins avaient fermé. Mais les deux enseignes s’étaient retrouvées main dans la main pour manifester contre nous ou pour obtenir une dérogation.

 

Vous n’avez pas davantage spontanément fermé lorsque les sociétés CASTORAMA et LEROY MERLIN ont été condamnées en référé dans le Val d’Oise. Vous en étiez pourtant informé par la FMB. Mais vous avez alors trouvé votre intérêt à maintenir vos ouvertures dominicales.

 

Est-il étonnant qu’ils en aient autant à votre égard alors que vos concurrents obéissent à la même logique ? Celle de faire prévaloir leurs intérêts économiques sur les droits des salariés garantis par la Constitution, une Convention Internationale et le code du travail, au risque de marcher sur les autres concurrents qui ne peuvent suivre 

Est-il étonnant que ces enseignes cherchent, comme vos établissements, à « régulariser » leur situation juridique ou profitent de celle qu’elles ont obtenue à l’aide de leur puissant lobbying plutôt que de respecter la Loi ? 

 

Est-il étonnant qu’elles incitent les salariés, à qui elles présentent le risque d’une diminution de salaire ou de perte d’emploi, à se regrouper au sein d’amicales à qui elles fournissent moyens et slogans pour venir défendre leur « liberté de travailler le dimanche ». Il ne s’agit pour ces derniers, en réalité, du seul moyen de s’en sortir en obtenant un salaire décent. C’est à vos concurrents désormais d’agiter devant leur nez le chiffon rouge d’un risque de licenciements. N’avez-vous pas fait de même en promettant 5 000 licenciements dans la branche cet été ?

Vous êtes bien placé pour le savoir, les salariés concernés n’ont souvent pas la chance de pouvoir regarder au-delà de leur prochaine fiche de paie et ne veulent pas voir qu’une fois engagés dans ce chemin, ce sont les autres salariés du commerce qui vont se retrouver confrontés à leur tour à cette sujétion et à la désorganisation du temps de travail. Ce qui est aujourd’hui exceptionnel va se banaliser et que les salaires seront ajustés en conséquence pour que les majorations servies soient intégrées à la politique salariale. A qui le tour ?

 

Ils ne voient pas davantage que les salariés des établissements de province ont, de ce fait, des salaires moins élevés. Regardez où en sont les salaires de la branche pour des employés pourtant qualifiés !?

 

Nous avons constaté que nos points de vue sont inconciliables, mais vous avez choisi apparemment d’inaugurer une nouvelle forme de dialogue social par le biais de cette sommation d’huissier. Entre nous, c’est une première alors que nous vous avons invité et reçu pour tenter de trouver une issue et notre section syndicale a, de même, répondu à chacune de vos invitations. Nous prenons note de ce changement de ton et adapterons notre attitude en conséquence.

 

Pour conclure, nous empruntons cette citation récente à un homme politique français : « A quoi servirait pour l’OIT de continuer à adopter des normes si celles-ci n’ont aucun caractère obligatoire ? Une norme qui n’est pas obligatoire n’est pas une norme, c’est une recommandation, c’est un conseil, c’est un avis, c’est une feuille qui s’en va dans le vent. Cela ne compte pas, cela ne sert pas ».

 

Nous vous laissons le soin d’en retrouver l’auteur, de lire le reste de son discours et d’en méditer les vertus.

 

Tout ceci, Monsieur le Président, prouve amplement que nous n’avons aucune rancœur contre le secteur du bricolage et que votre entreprise BRICORAMA, contrairement à vos dires, n’est pas la seule visée.

 

Recevez, Monsieur le Président, nos salutations distinguées.

 

 

Françoise NICOLETTA                                                                  Serge LEGAGNOA

Secrétaire fédéral                                                                      Secrétaire général

Responsable du Commerce 

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 13:14

NÉGOCIATION SUR L’EMPLOI :

BEAUCOUP DE FLEXIBILITÉ ET PEU DE SÉCURITÉ

Article paru dans FO Hebdo n°3058

 

Réuni le lundi 14 janvier 2013, le Bureau confédéral de FO a décidé, à l’unanimité, de ne pas signer l’accord national interprofessionnel conclu le 11 janvier 2013.


Accord dit «pour un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés».


Une décision logique au vu du contenu de l’accord, que Jean-Claude Mailly avait laissé pressentir durant la dernière semaine de négociation. À plusieurs reprises, le Secrétaire général de FO avait en effet indiqué que l’éventuelle signature de FO passait notamment par un retrait des dispositifs patronaux en termes de flexibilité. Or, ceux-ci figurent bel et bien dans le projet de texte final approuvé par la CFDT, la CGC et la CFTC: nouvelles procédures de plan social, mobilité interne forcée, création de deux CDI au rabais..., la liste est d’ailleurs longue pour qui voudrait dresser le catalogue des revendications patronales satisfaites par cet accord. L’une des plus lourdes de conséquences pour les salariés est la possibilité offerte aux patrons d’instaurer, dans le cadre d’un accord signé avec des organisations syndicales représentant une majorité de salariés, «en cas de graves difficultés conjoncturelles», et pendant deux ans, une baisse de salaire et/ou une augmentation du temps de travail. Et malheur au salarié qui serait tenté de refuser son sort, car il sera automatiquement licencié pour motif économique.


TOUR DE PASSE-PASSE PATRONAL


En revanche, pour ce qui est des avancées en faveur des salariés, l’accord instaure divers dispositifs d’une fragilité telle que leur –éventuelle– naissance ne risque pas de bouleverser le monde du travail: ainsi, la mise en place de droits rechargeables à l’assurance-chômage sera discutée dans une négociation ultérieure.  

   

Les contours du dispositif seront fixés par un groupe de travail, mais il est  déjà acquis qu’il «ne pourra pas aggraver le déséquilibre financier du régime». En clair, il ne devra pas coûter un euro de plus. Quant à la généralisation de la couverture complémentaire santé, elle ne se fera obligatoirement que début 2016. 


Mais c’est peut-être sur l’épineux sujet de la surtaxation des contrats précaires que le patronat a montré l’étendue de son savoir-faire. Cette mesure a été présentée comme une concession patronale arrachée par les syndicats dans les dernières heures de la négociation. Sauf que la plupart des CDD (saisonniers, intérim) sont miraculeusement exclus du dispositif. Du reste, selon un premier chiffrage, la surtaxation des contrats précaires ne coûtera que 100 millions d’euros au patronat, tandis qu’il récupère, en échange, 150 millions d’euros de nouveaux allégements de cotisations d’assurance-chômage. Soit 50 millions de gagnés dans l’opération, qui s’apparente à un véritable tour de passe-passe patronal. C’est donc à la suite d’une analyse détaillée de l’accord que FO a estimé que «la flexibilisation, c’est maintenant; la sécurisation de l’emploi pour demain, peut-être».


En ce sens, il s’inscrit dans la droite ligne des politiques pour l’emploi mises en œuvre depuis une trentaine d’années et qui ont pour point commun d’alléger le prix du travail tout en accroissant la flexibilité: désindexation des salaires (1983), suppression de l’autorisation administrative de licenciement (1986), allégements sociaux sur le temps partiel (1992) ou sur les bas salaires (1995) et mise en place des 35 heures (2000) se sont succédé sans que les centaines de milliers d’emplois promis à chaque fois ne se concrétisent. S’il demeure en l’état, cet accord viendra s’ajouter à la (longue) liste noire des dispositifs néfastes pour l’emploi.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 23:14

Section fédérale du commerce

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Les patrons du Bricolage ne chôment pas pour asphyxier les salariés

 

Depuis le 13 décembre 2012, les entreprises concurrentes de la branche du bricolage parlent à l’unisson. On oublie les divergences sur le repos dominical et les procès de Bricorama contre ses concurrents.

 

Pas de cadeau de Noël, ni un geste pour souhaiter les bons voeux…

 

Les Leroy Merlin, Castorama, Bricorama et les autres, à travers la FMB (FÉDÉRATION DES MAGASINS DE BRICOLAGE), proposent une grille de salaires minima à 4,78 € bruts au dessus du SMIC (soit 3,73 € nets en plus par mois).

 

La grille actuelle a trois échelons en dessous du SMIC et l’ensemble des minima des cadres est en dessous du plafond de la Sécurité Sociale.

 

La situation des cadres n’évolue pas plus dans la nouvelle proposition confirmée hier, par la FMB en réponse à une contreproposition par mail.

 

Cette situation permet aux entreprises de bénéficier d’exonération confortable des cotisations sociales obtenues grâce aux bas salaires* (jusqu’à 1,6 fois le SMIC soit 2 288 €).

 

Voilà la recette pour avoir des volontaires pour travailler le dimanche : La Misère !

 

Force Ouvrière ne se rendra pas complice de cette manipulation et ne signera pas cet accord de mépris.

Nous sommes confortés dans notre position : « non au travail du dimanche, oui aux augmentations générales des salaires ».

 

* Les bas salaires sont compris entre le SMIC 1 430,22€ et 1,6 fois celui-ci, soit 2 288 €.

 

Paris, le 11 janvier 2013

 

Courriel : commerce@fecfo.fr -BLOG PRINCIPAL DU COMMERCE : http://fecfocommerce.unblog.fr/

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 10:24
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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 17:08

Lettre aux parlementaires

 


Madame, Monsieur, le Député, le Sénateur, vous allez prochainement être amené(e) à vous prononcer sur la ratification du traité de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG) après le sommet européen des 28 et 29 juin 2012.

Au nom de Force Ouvrière, je tiens à vous confirmer notre opposition à ce texte et à vous exposer les raisons principales qui militent, selon FO, pour ne pas le ratifier.

Au plan global, ce traité –tout comme le mécanisme européen de stabilité (MES) avec son volet conditionnalité– s'inscrit dans une logique économique qui se veut unique, ce qui en soi est une ineptie. Elle se traduit par une rigidification et une quasi-constitutionnalisation des approches monétaires et budgétaires basées sur la prééminence du concept de «concurrence pure et parfaite» et de la seule compétitivité-prix, ce qui conduit au dumping fiscal et social.

Les ambiguïtés liées à la notion de déficit structurel, l'établissement de normes arbitraires en matière de déficit public et budgétaire conduisent à mettre en œuvre des politiques d'austérité qui plombent la croissance et entraînent l'Europe vers la récession avec des conséquences dévastatrices en matière d'emploi, de rémunération, de service public, de protection sociale, de précarité, d'inégalités et de droits sociaux.

Nous notons en particulier que les principales nouveautés du TSCG par rapport au pacte de stabilité résident dans:

- la référence nouvelle au déficit structurel;

- l'obligation de présenter des budgets nationaux équilibrés ou excédentaires;

- l'obligation faite aux États d'intégrer la règle d'or «par le biais de dispositions contraignantes et permanentes, de préférence au niveau constitutionnel, de façon à garantir son respect dans le processus budgétaire national».

Nous retrouvons cette logique «de corset» dans le projet de loi organique: tout en sacralisant une politique économique particulière, celui-ci accorde à des organismes dits indépendants un droit et un pouvoir sur les institutions démocratiques. En quelque sorte, la démocratie serait économiquement dangereuse et les experts doivent l'encadrer.

Quant aux 120 milliards d'euros annoncés en matière de soutien à la croissance au niveau européen, non seulement une partie non négligeable était déjà engagée ou s'appuie sur des effets de levier, mais le cumul des plans d'austérité en zone euro dépasse déjà le montant des 120 milliards. De plus sur les 120 milliards, seulement 15 seront réellement nouveaux.

Au plan social, la rigidité économique ainsi arrêtée, tant dans la démarche que dans le calendrier, conduit à diminuer les dépenses publiques et sociales, donc à remettre en cause les services publics et/ou la protection sociale collective.

Elle conduit également à privilégier la compétitivité-prix, donc l'abaissement du coût du travail et la flexibilité du travail. Nous tenons, à titre d'exemple, à rappeler que la directive détachement, actuellement en révision, est utilisée de plus en plus couramment comme un instrument de dumping social.

Elle conduit enfin à porter atteinte à la liberté de négociation. En effet, tant l'assurance-chômage que les retraites complémentaires, donc les négociateurs, devraient se plier aux injonctions de la BCE. Ce que confirme par ailleurs la mise en place et le rôle d'un Haut Conseil aux finances publiques prévu dans le projet de loi organique.

Cela signifie clairement que l'on assisterait à une remise en cause accélérée des volets services publics/protection sociale/droit du travail/rémunération, c'est-à-dire à la poursuite d'une politique pourtant à l'origine de la crise systémique.

Au plan démocratique, on assiste également à un transfert de souveraineté, en catimini, vis-à-vis de la Commission européenne et de la Cour de justice dans l'examen et la mise en place de contrôle et de sanctions. On notera également le pouvoir croissant attribué à des organismes ou structures tels que la BCE ou la «troïka», au détriment des parlements européens et nationaux.

Si on examine la situation française au regard de cette analyse, on mesure pourquoi les thèmes tels que la compétitivité-prix du travail, les accords «compétitivité-emploi», la réduction des dépenses publiques ou le dossier retraite sont l'objet de débats et d'inquiétudes fortes aujourd'hui.

Il nous apparaît aujourd'hui essentiel, alors que la crise systémique sévit depuis cinq ans, que les modalités de la construction européenne soient fondamentalement revues et débattues, que l'Europe redevienne un vecteur d'espoir et de progrès, qu'elle ne soit plus perçue comme facteur de contraintes et de sanctions, ce que renforce le TSCG. La méthode dite de cliquets, maintes fois utilisée, ne répond pas à ces exigences. L'ordolibéralisme en vigueur est facteur d'austérité et de remise en cause de ce qu'on appelle communément le «modèle social européen». C'est aussi potentiellement une remise en cause de la démocratie.

Pour toutes ces raisons, Force Ouvrière, comme la Confédération européenne des syndicats, s'oppose à ce traité et à sa ratification.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, le Député, le Sénateur, l'assurance de mes salutations distinguées.

Jean-Claude Mailly, Secrétaire général
Paris, le 17 septembre 2012.

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 03:35

Il y a un petit moment que nous ne vous avons plus donné de nouvelles, mais pris par les nombreuses réunions de CE, ou encore de négociations nous avions du mal à tenir le rythme que demande le blog. Bref, si nous vous écrivons aujourd’hui, une fois n’es pas coutume, c’est pour vous annoncer une bonne nouvelle.

 

Lors de notre dernier article, nous vous avions informé de la volonté du ministre du travail de permettre une ouverture généralisé des magasins du bricolage le dimanche. Aujourd’hui, grâce à une mobilisation importante et notamment de Force Ouvrière, nous pouvons vous annoncer, que le gouvernement a renoncé à la mise en place de ce décret. Le travail généralisé le dimanche aurait été une catastrophe pour les salariés des ces enseignes mais aussi et plus largement pour les TPE et PME qui n’auraient pas eu les moyens d’ouvrir le dimanche.

 

Force Ouvrière a milité activement et sans relâche contre ce projet insensé et destructeur pour les salariés, c'est pourquoi aujourd'hui elle se félicite de cette victoire, obtenue par l’action syndicale.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 08:57

 

Comme nous l’avons déjà exprimé sur ce blog, Force Ouvrière est fermement opposé au travail le dimanche. Le dimanche doit être un jour de repos pour tous. Parce que le repos le dimanche est une nécessité, c’est le seul jour pour nous de pouvoir bénéficier d’un jour de repos en commun avec sa famille, le seul jour où nous pouvons participer à différentes activités, qu’elle soit sportive ou culturelle. Le travail le dimanche c’est la mort de la vie associative mais aussi des TPE et PME, elles ne pourront pas rivaliser avec les grandes enseignes, elles n’ont pas les moyens d’ouvrir 7jours sur 7.

 

Posons-nous la question de la société que nous voulons construire. Sommes-nous des consommateurs effrénés ? Voulons-nous une société qui vise à nous transformer encore un peu plus comme des consommateurs et non plus comme des citoyens ? Devons-nous consommer 7J/7 pour pouvoir vivre dignement ?  A toutes ces questions FO répond NON ! C’est pourquoi nous devons vous informer de ce qui se passe actuellement dans la tête de M. Xavier BERTRAND Ministre du travail, Il envisage d'inscrire par décret en conseil d'État les établissements du bricolage dans la liste des secteurs pouvant le déroger au repos dominical.

 

Le lobbying exercé par les grandes enseignes des groupes Kingfisher, Adéo, M. Bricolage, Bricorama…, auprès du ministre a fini par payer

 

Qu'est-ce que cela signifie pour nous ?

 

Désormais si le ministre prend ce décret les employeurs pourront imposer aux salariés de travailler le dimanche sans aucune majoration.

 

En effet, il n'est pas dans le pouvoir du ministre dans son décret d'imposer des contreparties au travail du dimanche. Il autorise les magasins de bricolage un point c'est tout.

 

Les contreparties éventuelles de travail du dimanche et le recours au volontariat ne pourront se faire que par accord collectif. Dans la majorité des cas, les enseignes qui ouvrent le dimanche, notamment en région parisienne, ont escamoté les négociations pour prendre des décisions unilatérales qu'elles pourront remettre en cause à tout instant.

 

Concrètement, cela signifie qu'en région parisienne, les salariés qui travaillent actuellement dans des magasins bénéficiant d'une autorisation d'ouverture le dimanche et qui bénéficient de la majoration salariale la verront à terme disparaître.

 

Que désormais tous les magasins de bricolage sur l'ensemble du territoire français pourront employer des salariés le dimanche sans les payer en supplément.

 

Êtes-vous prêts à travailler régulièrement le dimanche ?

 

Mobilisons-nous contre le travail imposé le dimanche !

 

Unissons nos forces pour faire échec à ce projet de décret, nous vous demandons donc de signer la pétition qui se trouve en ligne, elle sera remise au ministre du travail.

 

Nous vous tiendrons bien entendu informé de la suite.

 

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 18:09

Le texte classique de Paul Lafargue, écrit en 1880, conserve aujourd’hui toute son actualité. Les idées exposées sont en effet au cœur du débat politique actuel: le droit à la paresse, une indispensable réponse au «travailler plus pour gagner plus». 

 

Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture […].
Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle, de toute déformation organique […].

 

Quand, dans notre Europe civilisée, on veut retrouver une trace de beauté native de l’homme, il faut l’aller chercher chez les nations où les préjugés économiques n’ont pas encore déraciné la haine du travail. […] Les Grecs de la grande époque n’avaient, eux aussi, que du mépris pour le travail: aux esclaves seuls il était permis de travailler: l’homme libre ne connaissait que les exercices corporels et les jeux de l’intelligence […].
Dans notre société, quelles sont les classes qui aiment le travail pour le travail? Les paysans propriétaires, les petits bourgeois, les uns courbés sur leurs terres, les autres acoquinés dans leurs boutiques, se remuent comme la taupe dans sa galerie souterraine, et jamais ne se redressent pour regarder à loisir la nature. Et cependant, le prolétariat, la grande classe qui embrasse tous les producteurs des nations civilisées, la classe qui, en s’émancipant, émancipera l’humanité du travail servile et fera de l’animal humain un être libre, le prolétariat trahissant ses instincts, méconnaissant sa mission historique, s’est laissé pervertir par le dogme du travail. Rude et terrible a été son châtiment. Toutes les misères individuelles et sociales sont nées de sa passion pour le travail […].
Notre époque est, dit-on, le siècle du travail: il est en effet le siècle de la douleur, de la misère et de la corruption […].

 

Travaillez, travaillez, prolétaires, pour agrandir la fortune sociale et vos misères individuelles, travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres, vous ayez plus de raison de travailler et d’être misérables. Telle est la loi inexorable de la production capitaliste. Parce que, prêtant l’oreille aux fallacieuses paroles des économistes, les prolétaires se sont livrés corps et âme au vice du travail, ils précipitent la société tout entière dans ces crises industrielles de surproduction qui convulsent l’organisme social. […] Les prolétaires, abrutis par le dogme du travail, ne comprenant pas que le surtravail qu’ils se sont infligé pendant le temps de prétendue prospérité est la cause de leur misère présente, au lieu de courir au grenier à blé et de crier: «Nous avons faim et nous voulons manger! […]»
Ces misères individuelles et sociales, pour grandes et innombrables qu’elles soient, pour éternelles qu’elles paraissent, s’évanouiront comme les hyènes et les chacals à l’approche du lion, quand le prolétariat dira: «Je le veux.» Mais pour qu’il parvienne à la conscience de sa force, il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre penseuse; il faut qu’il retourne à ses instincts naturels, qu’il proclame les Droits à la paresse, mille et mille fois plus nobles et plus sacrés que les phtisiques Droits de l’homme, concoctés par les avocats métaphysiciens de la révolution bourgeoise; qu’il se contraigne à ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit […].

Mais convaincre le prolétariat que la parole qu’on lui a inoculée est perverse, que le travail effréné auquel il s’est livré dès le commencement du siècle est le plus terrible fléau qui ait jamais frappé l’humanité, que le travail ne deviendra un condiment de plaisir de la paresse, un exercice bienfaisant à l’organisme humain, une passion utile à l’organisme social que lorsqu’il sera sagement réglementé et limité à un maximum de trois heures par jour, est une tâche ardue au-dessus de mes forces; seuls des physiologistes, des hygiénistes, des économistes communistes pourraient l’entreprendre. […] Il faut mater la passion extravagante des ouvriers pour le travail et les obliger à consommer les marchandises qu’ils produisent […].

 

Parce que la classe ouvrière, avec sa bonne foi simpliste, s’est laissé endoctriner, parce que, avec son impétuosité native, elle s’est précipitée en aveugle dans le travail et l’abstinence, la classe capitaliste s’est trouvée condamnée à la paresse et à la jouissance forcée, à l’improductivité et à la surconsommation […]. Donc, en se serrant le ventre, la classe ouvrière a développé outre mesure le ventre de la bourgeoisie condamnée à la surconsommation […].

En présence de cette double folie des travailleurs de se tuer au surtravail et de végéter dans l’abstinence, le grand problème de la production capitaliste n’est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces, mais de découvrir des consommateurs, d’exciter leurs appétits et de leur créer des besoins factices. Puisque les ouvriers européens, grelottant de froid et de faim, refusent de porter les étoffes qu’ils tissent, de boire les vins qu’ils récoltent, les pauvres fabricants, ainsi que des dératés, doivent courir aux antipodes chercher qui les portera et qui les boira: ce sont des centaines de millions et de milliards que l’Europe exporte tous les ans, aux quatre coins du monde, à des peuplades qui n’en n’ont que faire […].

Et cependant, en dépit de la surproduction de marchandises, en dépit des falsifications industrielles, les ouvriers encombrent le marché innombrablement, implorant: du travail! du travail! Leur surabondance devrait les obliger à refréner leur passion: au contraire, elle la porte au paroxysme. Qu’une chance de travail se présente, ils se ruent dessus; alors c’est douze, quatorze heures qu’ils réclament pour en avoir leur saoul, et le lendemain, les voilà de nouveau rejetés sur le pavé, sans plus rien pour alimenter leur vice. Tous les ans, dans toutes les industries, des chômages reviennent avec la régularité des saisons. Au surtravail meurtrier pour l’organisme succède le repos absolu, pendant des deux et quatre mois; et plus de travail, plus de pitance. Puisque le vice du travail est diaboliquement chevillé dans le cœur des ouvriers; puisque ses exigences étouffent tous les autres instincts de la nature; puisque la quantité de travail requise par la société est forcément limitée par la consommation et l’abondance de la matière première, pourquoi dévorer en six mois le travail de toute l’année? Pourquoi ne pas le distribuer uniformément sur les douze mois et forcer tout ouvrier à se contenter de six ou de cinq heures par jour, pendant l’année, au lieu de prendre des indigestions de douze heures pendant six mois? Assurés de leur part quotidienne de travail, les ouvriers ne se jalouseront plus, ne se battront plus pour s’arracher le travail des mains et le pain de la bouche; alors, non épuisés de corps et d’esprit, ils commenceront à pratiquer les vertus de la paresse.

 

Abêtis par leur vice, les ouvriers n’ont pu s’élever à l’intelligence de ce fait que, pour avoir du travail pour tous, il fallait le rationner comme l’eau sur un navire en détresse […].
Si, en diminuant les heures de travail, on conquiert à la production sociale de nouvelles forces mécaniques, en obligeant les ouvriers à consommer leurs produits, on conquerra une immense armée de forces de travail […]. Il y a plus. Afin de trouver du travail pour toutes les non-valeurs de la société actuelle, afin de laisser l’outillage industriel se développer indéfiniment, la classe ouvrière devra, comme la bourgeoisie, violenter ses goûts abstinents, et développer indéfiniment ses capacités consommatrices. […]

 

Si, déracinant de son cœur le vice qui la domine et avilit sa nature, la classe ouvrière se levait dans sa force terrible, non pour réclamer des Droits de l’homme, qui ne sont plus que les droits de l’exploitation capitaliste, non pour réclamer le Droit au travail, qui n’est que le droit à la misère, mais pour forger une loi d’airain, défendant à tout homme de travailler plus de trois heures par jour, la Terre, la vieille Terre, frémissant d’allégresse, sentirait bondir en elle un nouvel univers… Mais comment demander à un prolétariat corrompu par la morale capitaliste une résolution virile?

Comme le Christ, la dolente personnification de l’esclavage antique, les hommes, les femmes, les enfants du prolétariat gravissent péniblement depuis un siècle le dur calvaire de la douleur: depuis un siècle, le travail forcé brise leurs os, meurtrit leurs chairs, tenaille leurs nerfs; depuis un siècle, la faim tord leurs entrailles et hallucine leurs cerveaux!… Ô Paresse, prends pitié de notre longue misère! Ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines.

 

article issu de la revue Forum

 

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